26.1.10

Mon odeur



Alors je lui ai demandé de s’approcher et de venir sentir mon cou afin de me parler ensuite de mon odeur.


J’ai soulevé mes cheveux dans un seul mouvement avec la tendresse que les branches ont pour ses feuilles, et j’ai exposé la peau de ce cou qui est le mien.

Il s’est approché armé de son nez et a aspiré lentement la vie installée dans mon cou.

« Alors, je sens quoi ? »

Il m’a dit qu’il ne pouvait pas décrire ce qu’il sentait car il n’y avait rien de comparable. Mais puisque j’insistais, il a commencé à m’expliquer…


Ton odeur n’est pas fine,
elle n’est pas douce,
elle est au contraire, forte.
C’est comme si ta personnalité sortait à travers ta peau.
Tu ne sens ni la rose,
ni les pommiers,
ni aucun fruit d’ailleurs,
ni l’humidité,
ni la terre.
Ton odeur n’a pas de nom.

« Et pourrait-on un jour la nommer ? »


Texte : M.A.
Image : Kartni

24.1.10

Le miroir


Ton reflet sur un miroir assez grand pour t'accueillir en entier, 



toi, et ce regard,  ce sourire amusé d'un enfant qui regarde de loin 



quelque chose qui lui est interdit, 



un mystère qu'il ne comprend toujours pas.








Texte : M.A.
Image : Alex Andreyev 

19.1.10

CHANGE!





"Si l'on garde jalousement pour soi ce qui nous est donné par la vie, il arrive un jour où, à force



d'être rempli de tous ces dons, il ne reste plus la place de rien recevoir. Et toutes ces choses


reçues pourrissent en nous, nous intoxiquent, nous étouffent."

Jacques Higelin


6.1.10

Clémentine





Il m’arrive
par des moments d’insolence
d’offrir mes lèvres entre ouvertes
à un quartier de clémentine.

Le serrer piano piano
et sentir une première goutte
glisser sur la lèvre inférieure
et déborder par les commissures
mais ne pas la laisser tomber,
l'en empêcher affreusement
avec le bout de la langue
sans que mes lèvres perdent
le contact avec ce quartier
maintenant explosif.

Faire de mes lèvres
une matière encore plus pulpeuse
pour serrer à nouveau secrètement
et sentir cette pluie éclatante
s’emparer de mes fibres gustatives.

Il m’arrive
par des moments d’insouciance
d’offrir mes lèvres gonflées d’envie
à un quartier de clémentine.




Texte : M.A.
Image : Aya Kato

Homenaje : Lhasa de Sela

3.1.10

iNsOlEnTe

INSOLENT, -ENTE, adj.

A. Vx, littér. Qui insulte ou blesse par une audace excessive.
B. 1. [En parlant d'une pers.] Dont le manque de respect, l'oubli ou le mépris des égards est ressenti comme une impertinence, une insulte ou une injure.

insolente
adj.inv./s.com. Que ofende o molesta por ser irrespetuoso, atrevido, insultante o soberbio.
ETIMOLOGÍA: Del latín insolens (desacostumbrado, excesivo).



Image: Stuntkid

1.1.10

.;.:2010:.;.

Esperamos sinceramente que este año sea uno musical, en todos los sentidos de la palabra, para todos...

Para rendir homenaje a esos lugares por donde se filtran las notas y los acordes que nos hacen, en sólo algunos minutos de abandono, palpar la materia inexhorable de la que está hecha el Universo, hemos decido compartir esta pieza valiosa de Bojan Z.




Sin embargo, como un sabio me dijo, para perderse realmente en la lujuria de esta pieza y comprender mejor lo líquido de las notas, quizás prefieran conocer la canción que la inspira : Ashes to ashes de David Bowie.

17.12.09

IRM

Hay conversaciones y personas que te marcan tanto que justo después de dejarlos ir te diriges a la tienda más cercana y compras por ejemplo el libro del que te habló porque al pasearte por las páginas de ese libro sabes que la encontrarás... la sabes cerca.

Yo, en lugar de un libro, me compré un CD: IRM de "nuestra" fascinante Charlotte Gainsbourg



Todavía no puedo hablar de su música, pero les adelanto que es una producción de Beck y que todas las canciones [excepto una escrita por Charlotte] fueron escritas por él.

De lo que sí puedo hablar ya es de su calidad de objeto precioso. Lo forman fotos perfectas en blanco y negro hermosos que pasan por los grises más buscados. Pero lo mejor es su folleto: casi todas las canciones están escritas a mano, con tachones, flechas, rayas, anotaciones, negativos de fotos, dibujos a bolígrafo sin terminar, siluetas en acuarela... a modo de laboratorio [como me dijo alguien acerca de esos manuscritos repletos de tachones y flechas]. Y lo que es curioso es que este CD es completamente negro por ambos lados. Además, lo acompaña un DVD que muestra su vídeo de Heaven Can Wait, su making off y ensayos durante la grabación del álbum filmados con un tinte un poco vintage o en blanco y negro.


Le chat du café des artistes



Ya veremos lo que me contarán esos tres acordes multiplicados por 14...
Por el momento, comparto el vídeo:








[Dédicace cachée : c'est beau de se sentir accompagnée dans son silence]


16.12.09

Dibujo en mi libreta

Ayer dibujaron en mi libreta, y el dibujo me llevó a Chagall...
sólo falta el árbol con la letra 'M'...
pero quizás esa mano azul con el corazón tallado sea la misma cosa.




Pintura: Paris Through The Window 
- 1913, Marc Chgagall

13.12.09

Entre les lignes

Quelques pas en arrière
Mieux la voir partir

En écrasant à chaque pas
Ces mots non dits



Et ces mots qui ne sont qu’une succession de sons au long d’une respiration…
Mais, ta respiration, les supportera-t-elle ?
Ton souffle, s’effondrera-t-il en croquant des syllabes aussi périlleuses ?

Et si en les épelant ils disparaissaient ?
Ou si en les écrivant je comprends enfin qu’ils n’ont jamais existé ?

Ou alors souffler un mot, le grossir de manière à ce qu’il puisse accueillir tous les sons du monde pour le lâcher ensuite et le laisser se vider avec la danse de l’oubli.



Texte : M.A.

Ne Pas l'abîmer

Quelques pas en arrière
Mieux la voir partir
Écraser ces mots non dits



Mais la voir
Ne pas la toucher
Pas avec ces longs doigts
Mais la voir

Poser des lèvres sur son front
Cela ne la cassera pas
C’est dangereux ce que l’on ne se propose pas

Elle essaie alors de plier sa jupe
Ne pas la salir

Mais la voir
Ne pas l’abîmer
Pas avec cette étrangeté
Mais la voir



Texte : M.A.

10.12.09

.:oisEau:.

On m’a dit une fois 
que le courage n’appartenait pas aux hommes, 
mais aux amoureux, 
car les amours lâches n’arrivent jamais à Histoires, 
ils restent juste là.




J’entends encore ces oiseaux qui s’obstinent à chanter 
entre 16h et 17h30, quand il n’y a plus de lumière.

Mais j’entends surtout 
celui qui joue à l’harmonica sur mes doigts.

Il me chante en collant ses fines lèvres aux miennes 
et je comprends ses paroles dans un frémissement.

1.12.09

Cathleen Naundorf

I discovered her work thanks to POLKA and I fell in love immediately...


 


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Photos by Cathleen Naundorf also at Polka Galerie 

28.11.09

Dans le monde d'Alice



Sous la couverture d’un ciel opale
un bonjour qui exhalait une respiration sucrée
m’invitait à passer de l’autre côté de la fenêtre.

Une lumière urbaine me guidait
à travers les recoins d’un non lieu
où j’ai eu envie de monter sur le cou d’un vieux chêne
qui m’a serré dans ses branches avec la chaleur d’une maison.

Respirer
Respirer
Respirer

Le temps s’est fracturé ainsi
dans le monde d’Alice.

Quand j’ai ouvert les yeux
une main de soie se glissait sur la mienne
en me déposant sur un tapis volant
de retour à cette fenêtre.


Peinture : Maggie Taylor 
Texte : M.A.

24.11.09

Creuser les mots

La nécessité de percer la page et sentir le tracée de l’encre qui déborde mon esprit.


Bien serrer le stylo
et raviner la feuille aussi fort que la définition du mot.


Creuser, pour déposer ce que ma langue
ne peut pas goûter
ne peut pas épeler
ne peut pas prononcer.


Succomber à cette pulsion viscérale
jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien,
ou jusqu’à ce que me lire devienne une tâche douloureuse.


Jusqu’à ce jour,
il sera nécessaire de ramasser la pluie,
tracer des sillons,
et me verser sans pudeur sur ces feuilles sans nom.





Texte: M.A.
Peinture : Audrey Kawasaki

16.11.09

À fleur de peau

Cette mélodie égarée,
éloignée de son chemin,
me déshabille sans faire attention ;
scrute tous mes grains de beauté en douceur ;
soulève mes cheveux pour funambuler sur mon cou ;
essaie d’attraper mon empreinte avec des accords curieux.

De quelle couleur sont tes rêves ?
Me demande-t-elle avec un air de gravité.

Elle regarde sous ma jupe
en cherchant des choses que je n’ai jamais nommées,
que je ne pourrai jamais chanter.



Sous ma jupe,
en voulant lisser les plis de ma peau,
sans se laisser intimider,
à la recherche des cicatrices pour dessiner leurs contours
sans les réveiller.

Cette mélodie égarée,
éloignée de son chemin,
me met à nu sans même s’en apercevoir.



Texte : M.A.